vendredi 29 février 2008

Jouer dehors


De yousse que cé que j’étais donc pardu, pour l’amour! de s’inquiéter une peuplade d’adulateurs en total craving de messages frivoles, campant devant leurs écrans cathodiques dans l’attente confiante d’un espoir -aussi fragile soit-il- laissant croire au retour prochain du fils prodige. De pour kessé que cé que tu nous nourris plus de ta présence si jovialiste, ingrat va-nu-pied?! de m’houspiller certains qui conspiraient déjà pour me piller femme et autres objets de convoitise frugale.

Ben je m’affranchissais. Plate de même. Je sais que ça manque de charisme, mais bon : la rumeur voulant que je sois Herby parti aux States critiquer robes épeurantes et augustes totons est donc inexacte et burlesque. Anyway si j'étais le sus-mentionné Herby au shining crânien charmeur, je mettrais en doute la légitimité de mon existence au lieu de l'étaler sur le net. Je ne suis pas non plus occupé à dissimuler des morceaux de Cédrika à travers bois parce que Claude a trouvé ma piste, et je n’ai pas davantage l’élégance d’être shipper en guerre-que-dis-je-mission-de paix-sorry-Mister-Harper, parmi ces jeunes hommes dans la force de l’âge sillonnant désert et tribus berbères avec la peur au ventre, pour mon pays et la retraite à 40 ans. Mon absence ne s’explique malheureusement pas non plus par ma préférence à faire l’amour à Mara dans un bivouac de Charlevoix qu’à vous écrire, ni parce que j’ai tout abandonné pour aller cueillir crocodiles et beautés créoles en Louisiane. Je goûtais simplement à la liberté de me câlisser d’Internet. Y'en a qui ont pas le don d'être un invité de marque dans un cocktail mondain, sorry.

En fait j’ai volontairement délaissé mon keybord parce que j’avais besoin de renoncer. Je devenais dépendant d’une dictature de pression: parait qu’il y a un rythme à tenir pour être un vrai blogeur, alors que si on y réfléchi on n’est tous égal devant la futilité de notre présence ici. Et je sais pas trop à quel moment je me suis mis le pied dans le piège, mais un beau matin ensoleillé d’hiver, j’ai réalisé qu’au lieu d’aller faire de la raquette j’étais assis devant mon ordi a écrire combien j’aimais faire de la raquette. Je me suis donc grugé la patte pour sortir du piège, me suis purger de l’impression d’avoir à écrire à tout prix comme un obéissant soumis à l’attention de la blogosphère, recentrant mes priorités pour être à nouveau libre. Humblement, si mon opinion était si importante et ma plume si belle, j’aurais depuis longtemps une limousine devant ma porte et des hordes de micros braqués aura ma glotte, enregistrant chacune de mes paroles comme s'il s'agissait de prophéties divines, les diffusant simultanément en 22 langues en différé. Je serais payé pour tenir une chronique dans un grand quotidien et j’aurais une dent en or, possiblement ma marque de parfum. Or je n’ai pas à fuir face à une ruée de demoiselles lubrifiées déchirant amoureusement chemisette et soutif pour que je signe mon nom avec mon sang sur leurs poitrines saillantes, d'ailleurs pas plus que je dois refuser des entrevues à RDI pour cause de tournée Européenne. Et sans vouloir vous vexer, je tends vers l’idée que c’est plus agréable de prendre soins de moi que d’un blog. Take it easy, Mister l'adulte...


N'empêche, je vis beaucoup de trucs que j'aimerais vous partager, mais j'ai tellement de retard à rattraper. À vous de choisir entre :

- Mon cinglant mépris pour la hiérarchie des clones de Francis Reddy

- Ma libido dans le tapis

- Comment répartir équitablement un liquide alcoolisé de type bière dans le dos d’une superbe demoiselle dans un bar

- Les poutineux anonymes, un mouvement en marche.

jeudi 14 février 2008

Bonne St-Commercialentin



Les cyniques me trouveront sans doute bidon, mais je tends à croire que les déclarations d'amour pour toujours ne sont jamais ridicules lorsqu'elles s'accompagnent de volonté. N'empêche, je ne crois pas trop à la St-Valentin qui est comme ma voisine de bureau: trop ambitieuse pour être aimable. Comme si le ‘’Je t’aime’’ prononcé aujourd’hui avait plus de poids que les mêmes mots formulés au cours des 364 autres jours. La St-Valentin, c'est du caca séché et déposé dans une boîte en cœur made in China que tout un chacun s'oblige a acheter chez Jean Coutu pour s'assurer que l'autre sait. La St-Valentin c'est peut-être pour ceux convaincus que s'il n'y a pas nécessairement d'amour, il y aura des preuves d'amour. Pour ceux qui croient qu’une date nowhere soulignée en orange fluo dans l'agenda suffit pour célébrer l'amour dans les règles de l'art. Pour ceux qui, le reste de l'année, prennent l'amour comme la vie pour acquis. Comprenez moi, je ne m'insurge pas contre tout ceux qui s'aiment et qui profite de la St-Valentin pour s'offrir quelque chose de spécial, de hors du commun. Je saisi juste difficilement pourquoi ils ont attendus aujourd'hui précisément. Quelqu'un pour m'éclairer de sa maturité émotionnelle?

‘’Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, mais plutôt de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre.’’

[Jacques Salomé]

lundi 11 février 2008

Tag, ou quand le sein est une pomme dans une poire où pointe un grain de raisin.


Houlà. Moi qui pensait m’en sauver, puisqu'assez inaperçu ces temps-ci. J'avais vu la vague déferlée, mais avec l'insouciance d'une Anne-Marie Losique déambulant nue dans un sauna gai, je m'étais cru hors d'atteinte. Grave erreur de stratégie que de sous-estimer la sodomie. Je fus châtié de mon arrogance, car me voilà aujourd'hui dans la mire de Mademoiselle Je.

Règlements :

* Mettre le lien de la personne qui vous tag;
* Mettre les règlements sur votre blog;
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même;
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens;
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées

1- Je conserve précieusement sur mon babillard de la job une napkin de Chez Louis, comptoir à patate d’une redoutable qualité.

2- Je suis séduit par l’idée que la face que fait un artisssse de la chanson sur sa pochette est identique au visage convulsé de la dite vedette lorsqu’elle jouit. Comme elle, elle et lui, ou tel qu'en témoigne Bob, JiPi, Jacques, Mara et autres artisans de la glotte. Pris dans un tout autre contexte, on pourrait aisément se croire voyeur.

3- Le souvenir que je conserve de mes amantes est bien souvent la seconde précise où elles ont dévoilées leurs seins. Le tissus qui les recouvraient jusque là, le geste qui délicatement les exposait. La courbe du sein, son auréole, sa chaleur, la douceur de la peau autour du mamelon qui pointe, la pudeur qui s'évapore, peu à peu, et le regard de ces femmes alors qu’elles savaient la valeur de l’offrande. Tout ça, pour chacune, incrusté en moi. Les nénés, j'en suis quelque fois tombé plus amoureux que de la femme qui les portait.

4- J’égare en moyenne 5 paires de mitaines par hiver. Cette année j’ai remédié à la situation en m’achetant celles reliées par un cordon, comme si j’avais 4 ans et demi. Jusqu’à ce jour le procédé semble fonctionnel. Je ne sais pas trop quoi en déduire pour l'instant, je vis dans le déni.

5- J’entretiens une relation amour-haine qui s’apparente à une forme de plaisir désavoué avec le courrier de Louise, Ginger Spice, mon divan, la liqueur brune, les potins, le film du dimanche matin à TVA et Maïté.

6- J’ai failli me prénommer Claude.

Pour me venger je tag Zen-Abelle, Caro, Cloudy, Cerné, Melou et Panique en stiletto en me disant qu'en même temps ce sera une excellente raison de visiter plus régulièrement ces gens.

dimanche 3 février 2008

Un capitalisme sans récession est comme un christianisme sans enfer.



Comme toute la génération Passe-Partout, mes premières années de vie se sont déroulées sur fond de récession. Celle du début des années 1980 et l'autre au début des années 1990. De la récession comme telle j’ai peu de souvenir loquaces, trop occupé que j’étais à habiter mon enfance jusqu’à cette journée décisive de sixième année où Karine Gélinas a mise sa main moite dans mes bermudas. Très peu de souvenirs des dernières récessions, donc, et pourtant je les ai traversée non sans écorchures. Il y a dans la vie une part d’inévitable ou d'inexorable, qui se calice bien de nous savoir enfant.


Je me souviens par contre de la maison des Genest, eux qui n’arrivaient pas à s’agripper aux longues jambes de la richesse, leur maison soudainement vide, abandonnée en pleine nuit d’octobre. Il y avait la rue principale de ma petite ville, qui l’espace d’un vol d’oiseau s’est vulgairement dépeuplée de commerces lucratifs, puis de commerces tout court. Ces grosses femmes à poitrine de lavande qui venaient visiter ma mère ont banalement été substituées par des clowns tristes aux ongles rongés. Je me rappelle également de tout ces amis perdus au profit des grandes villes, de ces soirées enfumées où les adultes parlaient bas pour ne pas que l’on comprenne qu’ils parlaient d’inquiétudes et de dettes. Ces jouets que je ne pouvais pas avoir, ces plaisirs qui étaient pour d'autres. Ce Noël où sous l’arbre m’attendait une tablette de carton de construction et des marqueurs fluos. J'ai souvenir encore du goût sec des petits gâteaux de la pâtisserie économique, de mes oncles qui quittaient les terres intérieures pour tenter leur chance à Montréal et du père à Cossette, qui disait à ma mère les yeux au sol que
la difficulté n'est pas de faire des enfants, mais de les nourrir. Ces maisons qui brûlaient qu'on ne rebâtissaient pas, ces flèches qui pointaient vers le bas le soir au journal télévisé, ces usines sur lesquelles s’était bâtie la fortune de la région qui se vidaient de leurs hommes fiers au même rythme que les tavernes se remplissaient d’hommes au pas lourd et indécis.

Je me rappelle de la noueuse impression d’un matin gris d’avril, alors que toute les familles s’étaient assemblées devant le portail de La Belgo pour applaudir leurs pères, fils, frères et cousins à la sortie de la dernière nuit de travail de la dernière usine qui avait survécue jusque là. Ce matin où je ne cherchais pas des roches en forme de fesses avec les autres enfants présents, parce que ma mère pleurait. Même à 7 ans, on comprend que la vie ne devrait pas ressembler à une mère qui pleure.

Aujourd’hui, alors que l'économie demeure la science principale d’une société qui s’est forgée de par sa capacité à consommer et ce tant qu'on n'arrivera pas à se nourrir d'air et de vent, la rumeur se fait entendre, le murmure incessant. Les symptômes se déclarent les uns après les autres, et même si la bulle des bourgeois bohèmes du plateau, éblouis par leur nombril tendance et/ou ce qui donne de l’éclat par ricochet au dit nombril, est épargnée, la gangrène d’une récession proche ronge déjà les régions. Les différents secteurs industriels sont en crise depuis longtemps : le textile, le bois, l’alimentation, l’agriculture. L’inflation a atteint 4,1 % en 2007, un record depuis dix-sept ans, l’impact du crash immobilier est énorme, la bourse débande comme moi en eau froide et le ralentissement apparent de l'économie américaine ne peut mondialement être compensé par les économies du Japon et de l'Europe occidentale, entraînant un effet domino… La mondialisation des marchés n’a amenée qu’une certitude : elle rime aussi avec inquiétude mondiale.

C'est peut-etre con vous direz, mais j'ai peur qu'un matin ce soit Misss l'Amoureuse qui pleure devant mon fils.

mercredi 30 janvier 2008

Staying alive



Sceptiques, confondez-vous ! Vous n’assistez pas à l’agonie d’un blog éphémère ni à l’essoufflement d’une envie discontinuée de communiquer with tout un chacun. Et malgré l’indéniable sous-entendu languissant que le sus-titre laisse envisager comme étant la possibilité de, je suis en mesure de vous assurer que je n’ai pas la glotte effarouchée par une couille comprimée, ni le festif couvre-chef totally hors contrôle because of the ventilateur braqué dans face. Les commentateurs cérébraux s’indignent d’or et déjà dans un mandarin abstrait de cette léthargie dans ma courte carrière de blogueur. Certains organisent des battues à travers les fossés de la 20 croyant retrouver mon corps abusé, gelé et grugé par les renards, d’autres plus radicaux imagine que j’écris maintenant pour d’autres. Inutile de vous immoler le body en abnégation dévouée ou de m’expédier des orteils indigènes par voie postale tel que le veut la tradition gitane : I swear, I’ll be back soon as possible. Veuillez, je vous pris public bouillant d’impatience, considérer l’idée de cessez l’envoie d’onctueuses vierges nippones en ma demeure. Vous ne m’achèterai pas avec ces pépites d’or subtilement parsemées dans ma boite de Cheerios ni avec ces fluides corporels badigeonnant ma poignée de porte de semence amoureuse. Ha oui, Louise, de grâce, cesse de te scarifier la lèvre supérieure en implorant mon retour, je croule déjà sous les courriels de fans en furie me quémandant attention, faut pas hystériquement en rajouter avec la pression psychologique.

En achetant mon DVD à un prix de mongol (juste avant qu'il ne passe le dimanche souère à tivia) comprenant mon spectacle d’effeuillage érotico-gustatif, le making of en coulisse traitant de mon honorable travail sous rémunéré, un livre d’indigestes recettes su’a go, des radiographies récentes de ma dentition ainsi qu’un itinéraire de mes canalisations d’égout (si l’envie vous prenait de chercher des trésors), vous découvrirez que je mène une déraisonnable vie de fou. Bref, ce n’est pas parce qu’en grand sans-façon je vous ai oublié que je ne vous redonne pas au centuple l’amour que vous me garrochez, c’est parce que j’ai juste tellement pas le temps.

Mais ça se calme. Betot, promis.

lundi 21 janvier 2008

Inuk in Québec city

Hier soir, alors qu’on entrait dans une nouvelle aire glacière et que les charrues ramassaient les icebergs laissés en plan dans ma rue depuis vendredi, je croisais les doigts fort-fort-fort pour ne pas devoir passer mes prochaines vacances estivales à harponner la baleine et autres mammifères marins dont j’userais de la graisse pour m’enrober le corps et de la peau des morses pour me couvrir les testicules insuffisamment velus. Prudence est mon mot d’ordre lorsqu’il s’agit de prévenir d’éventuelles engelures menant à l’ablation de membres nécessaires aux joies de la vie. Hier soir, en tétant un bâton de lichen, je jetais de temps à autres de bref coup d’œil par la fenêtre givrée de mon salon glacial afin de m’assurer que la diminution de la population locale des phoques ne me contraindra pas à émigrer vers les terres intérieures. Et Pourtant, rien. Que du froid pinçant et du blanc hostile. Des frissons septentrionaux me parcourent l'échine amenant mes tétons arctiques à se tendrent dans un durcissement permanent. Bientôt il y aurait disettes et famines impardonnables, me prévenait le chaman lors de notre dernier chant de gorge téléphonique. Je le sentais aussi. La vie dure et aléatoire à Québec s’assure que nous vivons, malgré notre cuir coriace et notre habitude des intempéries arbitraires, dans une peur constante des fatalités vengeresses. Bientôt j’aurai à partir avec mon attelage de chiens loups et quelques compagnons rescapés polaires, subsistant en petits groupes aux alentours des lieux de chasse au phoque et des falaises où nichent les oiseaux jusqu'à ce que les gensses de Mourrial, démons chrétiens, nous découvrent au printemps, grugeant des carcasses de morues, et nous désignent sous le nom d'Esquimaux polaires. Maudite soit cette saison.

mercredi 16 janvier 2008

Lorsque vous avez éliminé ce que vous ne pouvez pas faire, il ne reste que ce que vous devez faire.

Ne pas fumer. Ne pas boire. Ne pas se droguer. Ne pas abuser si l’on fume, boit ou se drogue. Ne pas polluer. Ne pas en vouloir à ceux qui le font. Ne pas avoir de chien parce que bon, pas évident ensuite de trouver un appart. Ne pas utiliser un vocabulaire excessif, un langage ordurier ou un humour osé. Ne pas immigrer. Ne pas émigrer. Mais ne pas rester en place non plus. Ne pas envier autrui. Ne pas se contenter de ce que l'on a. Ne pas consommer excessivement. Ne pas oublier les Inuits. Ne pas se soucier de ses voisins. Ne pas avoir un truc de pris entre les dents. Ne pas faire de sexe. Du moins pas trop souvent. Ou pas avec le premier venu, ça ferait vulgaire. Ne pas imaginer nue de jolies femmes croisées dans la rue. Ne pas interpréter comme un signe divin le chemisier entrouvert d’une femme inconnue (croisée dans la rue ou pas). Ne pas faire trop de bruit. Ne pas manger gras. Ne pas manger sucré. Ne pas manger salé. Ne pas crier. Ne pas vieillir. Ne pas se désintéresser de sa famille. Ne pas ne pas voter. Ne pas manifester. Ne pas contredire. Ne pas argumenter. Ne pas chanter ceci. Ne pas pleurer en regardant Rémi. Ne pas sortir du sujet. Ne pas être parfait. Ne pas démontrer qu’on ne l’est pas. Ne pas remettre en question la logique de l’existence. Ne pas élaborer une liste contenant plus de 5 items parce que vous ne la respecterez pas. Ne pas commencer de blog. Si le blog est déjà commit, ne pas y investir de temps sur vos heures de travail lorsque vous crouler sous les responsabilités et que la pression des impératifs est indéniable.

vendredi 11 janvier 2008

Au départ de l’humanité existaient les pieds


Même si je ne m’ermite pas au cœur de la forêt verte, où j’attendrais dans l’allégresse que tombent des arbres de petits fruits dont je pourrais me repaître, dégustant ce que la nature m’offre charitablement sans la détruire, j’avoue ici ma propension à porter la barbe onctueuse comme un mode de vie. Status Update: Monsieur l'Adulte is granol. Depuis quelques temps par contre je suis talonné par les magazines de madames qui, hypocritement, vénèrent l’utopie d’une mode morale, organique et équitable. C’est que c’est tellement hip et tendance In la fibre en noix de coco bio, même si concrètement elle ne rejette en rien la société de consommation. Face à cet effort, la seule véritable tendance qui m’émeut est de croire que la mode écolo n’est qu’une posture éthique, un masque de bonne conscience, où les attributs « sain », « équitable » et « durable » deviennent des arguments de vente assurés. L’écolo est surtout un prétexte bassement mercantile pour gonfler perfidement les marges.

Ainsi le tout un chacun, urbain zérozoïste branché sur l’art actuel et la conscience planétaire mange des sushis en buvant sa tite-eau minéralisée et, par intermittence, s’extirpe de sa léthargie pour s’indigner contre les compagnies pétrolières par un envoie massif de pourriels. Il se révolte, manifeste, organise des moyens de pression qu'il publicise avec de délicieux powerpoints. Ne vous insurgez point: je ne suis pas dépassé comme ma mère devant un lecteur dvd, et reconnaît que la voiture est la troisième couille de l'homme moderne et qu’il y investie autant d’amour-propre que d’essence. Je ne joue pas non plus à l’autruche puisque j'avoue que nous avons effectivement besoin d’essence et que manifestement, le monopole orchestré par les compagnies pétrolières sodomise allégrement le consommateur à grand coup de brute (le baril, on s’entends).

Mais, et c’est ici que ma barbe me distingue de mon concitoyen convaincu de refléter par ses souliers crocs ses valeurs intrinsèques, je crois que pour ce que l'essence coûte véritablement à l'environnement, le prix payé à la pompe est ridiculement bas. Pas envie nécessairement que ca baisse. Un prix en hausse constante me permet plutôt de considérer un moyen alternatif de transport pour me déplacer. Suggérer de ne plus aller chez Shell ou Petro pour boycotter les plus grands ne transforme en rien notre manière d’utiliser une ressource épuisable et ne remet pas en question notre consommation que l’on voudrait responsable. En bout de ligne ce n'est pas le prix de l'essence qu'il faut tenter d'influencer mais plutot la quantité de scraps éjaculée dans l'air de par les tuyaux d'exhaus du vaste monde.

Chaque petit geste compte, lorsqu’il s’agit d’embellir le monde. Sauf peut-être se mettre le doigt dans le nez.

mercredi 9 janvier 2008

Le pouvoir de raisonner ne confère pas la raison.

Mes analystes subconscients s’étaient vachement gourés : la pression d’autrui aura peut-être le dessus sur ma non-prise de décision, et ce bien avant l’effondrement des cultures. Naïvement, je pensais m’en tirer sommes toutes assez bien en jouant la carte du : euh désolé chérie mais si tu regarde dehors tu remarqueras le chao apocalyptique qui règne. Ha suis-je bête j’oublis toujours que tes yeux ont fondus lorsque le gouvernement Chinois a astucieusement remplacé les produits nettoyants pour lunettes par des déchets nucléaires. N’empêche, pas sûr qu’une hécatombe radioactive peuplée de corbeaux déplumés aux griffes de feu et d’hermaphrodites pleurant un fluide organique animal ou humain contenant des spermatozoïdes est un univers idéal pour fonder une famille. Maintenant que je suis manifestement tentaculaire, le fruit d’une relation entre une mortelle et un être surnaturel pourrait être à juste titre qualifié de mutant, ce qui n’est pas optimal pour l’estime de soi et le développement socioaffectif dans un contexte d’accommodement raisonnable.


Sauf que maintenant la question se pose sur une base quasi quotidienne dans l’imaginaire collectif de notre couple et le gouvernement Chinois n’agit toujours pas. Dans les tranchés, acculé au pied du mur, mes idées s’embrouillent. Attendre d’être prêt avant de rendre fécondes nos rencontres amoureuses tient possiblement du dérisoire hystérique, considérant qu’il n’existe sans doute aucun moment parfaitement propice. Considérant que l’existence de la peur, sous toutes ses formes, n’est pas nécessairement une justification appropriée pour ne pas la confronter. Considérant que le temps passe, que les doutes non et que la vie suit son court sans toujours nous demander notre avis.


Selon vous, vaste lectorat fluctuant selon les moussons ayant selon les statistiques 83 % de chances de léguer son bagage génétique à autrui, comment savoir que l’on est véritablement prêt à faire des enfants et que ce n’est pas qu’un caillot qui passe dans un work in progress.

lundi 7 janvier 2008

Le mot travail vient du latin tripalium, qui signifie torture

Je sais bien qu’il existe pire ailleurs, et que par conséquent me plaindre est une preuve sincère d’infect nombrilisme. Après tout, j’aurais pu être un paysan du Darfour, enjambant les bébés décapités par des bombes pour sauver ma femme enceinte que l’on éventre. J’aurais pu être un ado du Soudan à qui l'on demande subtilement d'une mitraillette à la tempe de violer sa mère. Je ne suis pas non plus dans un jovial train polonais en partance pour le pavillon 10 d’Auschwitz en 1943 ni le vagin de Britney exposé au monde entier sur Youtube. Je sais que la vie aurait pu être plus moche avec moi ; j’ai l’élégance de ne pas être en train de me sucer le mollet pour en extirper le venin de scorpion qui me compresse le cœur, ni d"être une immigrante clandestine originaire d’Afrique extrême, prisonnière d’un réseau de prostitution à Paris. J’aurais pu être l’enfant né en captivité de l’union d’un guérillero et d’une otage française, ou être curieusement déformé par le botox. Je suis bien au chaud et à l’abri, dans mon tit confort douillet d’occidental de classe moyenne, alors au nom de quoi me plaindre comme si la relativité avait toujours raison d’être. Comme si travailler était la fin d'un monde plus important que mon univers de vacances.

N’empêche, si j’avais eu le choix ce matin entre retourner au travail sans répit jusqu’aux vacances de juillet ou être séquestré, orné d’affriolants sous-vêtements féminins, dans une pièce obscure avec une horde d’indigènes privé de sexe depuis la dernière éclipse lunaire, je me serais permis d’hésiter.